Avec Panique à Longueuil, Ne blâmez jamais les bédouins ou encore Being at home with Claude, René-Daniel Dubois s’est rapidement établi comme étant l’une des voix les plus importante du Québec. 13 de ses pièces sont jouées à travers le monde, dont en Australie, certains pays d’Europe et aux États-Unis. En ce moment, il passe la plupart de son temps à écrire, à traduire des pièces et autres. Ne vous surprenez pas de l’apercevoir avec un bouquin dans un café de l’avenue du Mont-Royal, il adore s’y promener.
René-Daniel Dubois est né tard, en pleine nuit de juillet 1955 sur le Plateau, à l’hôpital Notre-Dame, en face du Parc Lafontaine. On raconte qu’il faisait une chaleur épouvantable. À cette époque, ses parents habitaient Ville Mont-Royal. Il est Montréalais de troisième génération. Son grand-père paternel est arrivé à Montréal en provenance d’Europe. Il était en route vers les usines de la Nouvelle-Angleterre, mais il a rencontré sa bien-aimée et est resté chez nous. Du côté de sa mère, l’arrivée de la famille remonte à encore plus loin, quelque part au 19e siècle.
Son enfance s’est déroulée un peu partout dans la région de Montréal – Rosemont, Brossard, Outremont, Plateau et environs. Ses parents étaient visiblement de bons clients pour les déménageurs. René-Daniel a conservé des souvenirs de jeunesse de tous les coins de la ville et de la région métropolitaine.
Comme, en plus, il est de la toute première fournée d’enfant de la Révolution Tranquille, les régimes pédagogiques changeaient souvent complètement d’une commission scolaire à l’autre. le résultat des déménagements incessants et changements au niveau scolaire lui donne l’impression que son enfance est celle d’une demi-douzaine de puzzles de 1000 morceaux, tout mélangés, éparpillés sur la table.
Inventer et raconter des histoires pour tenter d’expliquer l’effet que le monde a sur lui remonte à très très loin. C’est seulement à 24 ans qu’il comprend à quel point il aime écrire. En ce qui concerne le jeu et le théâtre, c’est arrivé presque par accident pour ainsi dire, à l’école secondaire. Il s’est retrouvé à jouer dans Zone, de Marcel Dubé, le rôle d’un chef de police. Il n’avait que 15 ans. À l’époque, son choix de carrière était plutôt de devenir médecin.
Un peu plus tard, au cégep, il s’est rendu compte qu’il voulait faire du théâtre plus que tout. Ayant continué à faire du théâtre amateur et semi-professionnel, il s’est immédiatement inscrit aux auditions quand il a entendu parlé de l’École Nationale de Théâtre. Contre toutes attentes, il a été accepté ! Du premier coup. Il fut le premier surpris.
À la longue, il s’est aperçu que son véritable amour était l’écriture, encore bien plus que le théâtre. L’essentiel pour lui, dans la vie, c’est la création. L’écriture, c’est la création secrète, il écoute parler les gens, les regarde vivre, visualise leurs rêves, leurs espoirs et puis il s’installe dans un café, ou sur sa table de travail, et laisse tout ça raisonner en lui. Il raconte ce qu’il a vu, ce qu’il l’a touché, il essaye de comprendre, de nommer pourquoi ça lui a fait cet effet là. Écrire pour René-Daniel, c’est essayer de comprendre du même coup le monde autour de lui, l’effet qu’il a sur lui, et pourquoi. Un travail prodigieux. À la fois solitaire et public.
Il a étudié à l’École Nationale de Théâtre. Sa vie sur le Plateau a donc commencée il y a 31 ans exactement ! Il s’est grandement enraciné dans cet endroit sa deuxième année d’études, où il a loué un appartement qui se trouvait sur le boulevard St-Joseph près de la rue Hôtel de ville.
Il y a beaucoup de choses qu’il aime sur le Plateau. La vie culturelle s’y est énormément développée et diversifiée, en trente ans. En fait, à de nombreux égards, il a l’impression que le Plateau est un cœur culturel et intellectuel de Montréal. Ça lui arrive d’y écrire, mais il écrit surtout de chez lui. Il adore lire entouré de gens autour de lui. Il aime de lever les yeux des pages d’un livre et voir la vie qui défile devant lui. Le retour dans le monde réel, peut-être.
René-Daniel compte prendre une pause du théâtre, pour "un bout de temps". Les conditions de création ont toujours été difficiles au Québec, mais depuis une dizaine d’années, elles se sont détériorées à un rythme infernal. Ayant pour résultat que le simple projet de monter une pièce soit devenu un véritable défi, comparable à traverser le désert de Gobi à genoux. Les conditions entourant sa passion son devenues insupportables.
Alors il continue à écrire. Son intérêt pour la politique s’est manifesté dans un roman qu’il n’a pas terminé. Il attend le moment d’avoir le détachement d’un vieux sage assis sur son rocher, qui sourit tendrement devant le spectacle du monde… Pour l’instant, il se consacre à d’autres projets le faisant moins grincer des dents, dont l’orgueil des rats, qu’il va terminer – peut-être, dans quelques années. (On l’espère).







