La boutique l’Aromate surgissait brusquement au 1106 de l’avenue du Mont-Royal en 1994, suite au premier prix d’un original concours de plan d’affaires mis sur pied par la Société de Développement de l’association des commerçants. En 2000, Jean-François Laplante vend le commerce à George Suissa qui passe le relais à Dominique Orszag le 1er novembre 2008. Rencontre avec le troisième type…
Né dans l’est de la France, Dominique Orszag a principalement œuvré à Paris dans l’import-export de l’industrie mécanique. Soudainement, en 1986, un irrésistible besoin de changement s’empare de lui et il quitte l’Hexagone pour le Québec chez ces Français d’Amérique. En solitaire. L’image du « lonesome cowboy » m’est naturellement venue en tête.
Pour gagner sa croûte ici, Dominique Orszag tâte le marketing et la pub dans une petite entreprise pendant quelques mois avant d’amorcer une fructueuse étape en construction comme entrepreneur en rénovations. Presqu’une vingtaine d’années, interrompues brièvement par un séjour à l’ACDI en développement international.
Puis arrive ce 1er novembre 2008. Influencé par Éolie (la fille de sa « blonde » québécoise) qui tenait boutique (cadeaux, parfums, bijoux) sur Duluth, il plonge et achète le commerce de George Suissa. D’ailleurs, Éolie achètera l’Aromate de la rue Fleury huit mois plus tard.
L’Aromate, c’est d’abord et avant tout un choix formidable d’objets raffinés pour décorer la table et la cuisine. D’entrée de jeu, on remarque cette série d’assiettes, plats et objets gracieux affichant la silhouette d’un chat noir, la marque de la maison Dubout. Prenez le temps de zyeuter la vitrine qui vous expose ces petits trésors pour décorer vos grandes occasions.
Je vous ennuierais en énumérant la liste de tous ces objets conçus pour agrémenter les plaisirs de la cuisine. Du distributeur d’huiles à cette petite fourchette de fantaisie, ne reste qu’à faire aller votre imagination en visionnant les étals de l’Aromate. Beaucoup de suggestions pour offrir un cadeau à votre cuisinière (ou cheffe) préférée.
L’Aromate vous offre également une finesse gastronomique avec sa section de petits pots et bouteilles remplies de trésors pour le palais. Tapenades (poivrons rouges grillés ou champignons shiitake), gelées (shiraz au 5 poivres ou chardonnay et jalapenos), divers sels marins avec essences, des huiles de rêve (cèpes ou truffes), épices, olives farcies, confits (oignons caramélisés et orange sauvagine), des moutardes (chipote et miel), des confitures (mûres sauvages), des vinaigres balsamiques et de nombreux thés de la maison Forté. J’ai même aperçu une bouteille de… patchouli.
Dominique Orszag affirme qu’il faut être réactif dans son domaine. Il y a tellement de produits, la concurrence y est forte et la mode influence beaucoup les consommateurs. Il s’avoue également préoccupé par les achats locaux pour ces denrées dont plusieurs proviennent du terroir québécois par de petits producteurs. Il oriente les mêmes efforts pour les petits artisans locaux pour les objets décoratifs.
En terminant notre rencontre, Dominique Orszag y est allé d’un vibrant plaidoyer pour la défense intensive du commerce de proximité, tel qu’il se développe sur l’avenue du Mont-Royal. Mais il craint l’invasion des grandes maisons multinationales qui pourraient se suppléer aux commerces personnalisés que l’on connaît. Seuls les restos et les bars semblent prémunis contre cette agression.
Outre la volonté essentielle des marchands et leur solidarité pour protéger la « personnalité » de l’avenue, il insiste pour que les autorités municipales expriment davantage que leur volonté d’agir. De la parole aux actes ! Il n’en revient pas de devoir balayer la devanture de sa boutique chaque jour. Aux poubelles en plus grand nombre, la ville devrait augmenter sensiblement le nombre de préposés au nettoyage, plaide-t-il. « On ne les voit jamais, tellement ils sont peu nombreux ».
Il apprécie les efforts pour aménager l’espace extérieur, les terrasses « friendly » à l’européenne. Mais il faut plus. À commencer par une RÉELLE volonté des élus pour protéger le petit commerce de proximité. L’accommodement raisonnable, c’est pas juste pour les religions, m’a-t-il souligné humoristiquement, mais avec un fond de sérieux. Il croit fermement dans la concertation pour le développement plutôt que le « patchage ». On le verra aux prochaines réunions de la SDAMR, semble-t-il…
En rafales … Au cinéma, La leçon de piano (Jane Campion) l’a ébloui. En musique, sans hésiter, il me nomme Jacques Brel. La malhonnêteté le fait bouillir et il adore … ne rien faire ! Le ski, le vélo et l’escalade lui ont procuré d’excellentes sensations sportives. Dans une autre vie, il se verrait … chef d’orchestre, rien de moins. Ses coups de cœur sur l’avenue vont au fleuriste ZEN et à la boutique Ex-Voto.
Texte et photos : Michel Danis








